Introduction
Depuis 2023, le secteur du bâtiment subit un ralentissement relativement important. Selon la Fédération Française du Bâtiment, 2025 marque la troisième année consécutive de baisse avec une activité qui a reculé d’environ 4 %, contre 6 % en 2024 et 1,2 % en 2023.
Ce recul s’explique notamment par la diminution prolongée des mises en chantier (-22 % entre décembre 2024 et novembre 2025 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes), dans un contexte où la hausse constante des prix de l’énergie et des matériaux fait pression sur les marges et le budget des entreprises.
Cette tension se fait également sentir dans le secteur des travaux publics, pour lequel certaines prévisions anticipent un léger recul des investissements des collectivités locales en 2026.
Mais même si cette année pourrait rester fragile, les signes d’une reprise sont bel et bien visibles. La poursuite de la transition écologique, l’essor du numérique, la relocalisation des approvisionnements et les nouvelles mesures de soutien au logement sont autant de dynamiques qui pourraient bien porter leurs fruits, sinon cette année, à partir de 2027-2028.
La clé pour les acteurs du bâtiment n’est donc pas d’attendre la reprise mais de la préparer et de l’anticiper.
Voici les grandes tendances qui devraient structurer l’année 2026.
1. La construction écologique devient la norme
Face au réchauffement climatique, les obligations réglementaires imposées aux entreprises du bâtiment se multiplient. La performance énergétique et l’impact environnemental sont désormais des critères centraux dans le choix des matériaux, des fournisseurs et des prestataires.
Depuis 2020, la RE2020 prend en compte non seulement la consommation d’énergie, mais également les émissions de carbone, y compris celles émises pendant la phase de construction du bâtiment. (3) Dans sa continuité, le texte revu en 2025 encourage fortement l’utilisation de matériaux biosourcés et recyclés, au détriment des matériaux traditionnels peu écologiques, comme le béton classique, l’acier ou la laine de verre.
Ces normes influencent toute la chaîne, de la production des matières premières, à la construction et au choix des partenaires.
Le secteur de la rénovation énergétique reste ainsi un marché durable et porteur, soutenu par les pouvoirs publics avec des obligations réglementaires toujours plus nombreuses et des dispositifs d’accompagnement dédiés.
En résidentiel, les dispositifs d’aide des pouvoirs publics tels que MaPrimeRénov’ soutiennent davantage la réalisation de travaux de rénovation. De même, depuis 2017, il est obligatoire d’effectuer des travaux d’isolation thermique lors de rénovations importantes d’un bâtiment (ravalement de façade, réfection de toiture ou aménagement de locaux en surfaces habitables).
Pour les bâtiments tertiaires, le décret tertiaire impose une réduction progressive des consommations d’énergie des bâtiments, avec des objectifs chiffrés à atteindre à moyen et long terme.
L’enjeu pour les entreprises est de connaître et comprendre ces réglementations afin de sécuriser leurs projets, mais aussi d’orienter les choix techniques et de mieux conseiller les maîtres d’ouvrage.
Les questions à se poser :
- Mes équipes connaissent-elles les dernières réglementations ?
- Mon entreprise peut-elle accompagner nos clients dans l’optimisation énergétique de leurs projets ?
- Mes partenaires et fournisseurs sont-ils alignés avec les exigences environnementales actuelles ?
2. Les outils numériques et l’IA révolutionnent la productivité
Dans un contexte où les entreprises sont poussées à offrir des délais toujours plus courts, et où la pression financière est de plus en plus importante, les outils numériques peuvent être un moyen pour les entreprises d’améliorer leur productivité et leur compétitivité.
L’essor des plateformes de gestion de projet, du BIM (Building Information Modeling), des outils collaboratifs connectés et de l’intelligence artificielle transforme l’organisation des chantiers en profondeur. Ces solutions simplifient la coordination et les échanges entre les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre, les entreprises et les sous-traitants. La numérisation permet par ailleurs de suivre les indicateurs en temps réel (respect des délais, budget, gestion des ressources humaines et matérielles), ce qui facilite la prise de décisions.
Des données claires et de qualité sont donc essentielles pour gérer les chantiers, identifier les opportunités et anticiper les risques. Les entreprises qui investissent aujourd’hui dans la donnée et les outils numériques investissent pour leur compétitivité et leur performance au long terme.
Les questions à se poser :
- Quelles tâches peuvent être automatisées pour gagner du temps et réduire les erreurs ?
- Mes équipes sont-elles formées aux outils numériques ?
- Ai-je une vision en temps réel de mes indicateurs clés (marge, délais, charge) ?
- Mes décisions commerciales reposent-elles sur des données fiables et à jour ?
3. Vers des circuits d’approvisionnement plus fiables
Ces dernières années ont été marquées par la crise sanitaire et les tensions géopolitiques au niveau mondial et européen, ayant eu un impact direct sur les marchés nationaux. Par exemple, la guerre en Ukraine a entraîné une augmentation drastique des prix de l’énergie. Cela a eu des conséquences sur la production de nombreux matériaux, qui nécessitent une grande quantité d’énergie. C’est notamment le cas des produits en aluminium, des tuiles et briques ou du carrelage, pour lesquels ont été annoncés des fermetures de chaînes de production, voire d’usines du fait de coûts variables devenus insupportables, perturbant l’approvisionnement. Cela démontre la dépendance directe ou indirecte aux produits importés et l’imprévisibilité des circuits d’approvisionnement.
Face à ces risques, de nombreuses entreprises du bâtiment privilégient désormais des fournisseurs locaux, des matériaux produits en Europe ou en France, des circuits courts plus stables.
S’assurer de la fiabilité de son approvisionnement est essentiel pour limiter les imprévus et les retards, pouvoir proposer des délais plus fiables à vos clients et à vos partenaires, et donc améliorer la crédibilité de votre entreprise.
Les questions à se poser :
- Mes fournisseurs respectent-ils réellement leurs délais ?
- Ai-je diversifié mes sources d’approvisionnement ?
- Une relocalisation partielle pourrait-elle me permettre de protéger mes marges ?
- Ai-je évalué ma dépendance aux produits importés ?
4. La relance du logement : moteur de reprise en 2026
Face à la crise du logement et à la chute des mises en chantier de constructions neuves, l’État français a annoncé le lancement du plan « Relance logement ».
Ce plan ambitieux vise à construire 400 000 logements par an pour atteindre 2 millions de logements d’ici 2030. Pour y parvenir, le Gouvernement annonce une augmentation inédite des moyens dédiés au logement social, notamment l’allocation de 500 millions d’euros supplémentaires pour 700 bailleurs sociaux, afin de soutenir la construction et la rénovation.
Au-delà des enjeux financiers, le plan vise également à agir sur les freins structurels qui ralentissent la construction de logements en France, notamment en :
- Poursuivant la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, en rapprochant la prise de décision du terrain ;
- Accélérant la transformation des bureaux en logements ainsi que la construction de logements ;
- Facilitant les travaux de rénovation énergétique, notamment pour remettre sur le marché les logements classés F et G ;
- Soutenant la rénovation énergétique des logements sociaux, grâce à des financements adaptés ;
- Sécurisant les propriétaires bailleurs contre les impayés de loyer.
Par ailleurs, un dispositif fiscal pour les particuliers est prévu pour les trois prochaines années, faisant suite au dispositif Pinel qui a pris fin en 2024. Il vise à encourager les particuliers à investir dans un logement pour le louer, afin de soutenir la construction neuve.
Les questions à se poser :
- Comment identifier les projets financés par les dispositifs publics ?
- Suis-je référencé auprès des bons donneurs d’ordre ?
- Ai-je anticipé mes besoins en compétences pour 2027-2028 ?
- Mon développement commercial repose-t-il sur une veille structurée des chantiers ?
Conclusion
2026 ne s’annonce pas comme une année de reprise marquée, mais plutôt comme une période de préparation et de structuration. Les entreprises qui sauront anticiper les signaux de marché, adapter leurs stratégies commerciales (notamment la prescription), et se positionner sur les bons segments seront en mesure de saisir les opportunités plutôt que de subir les changements.
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